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 [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.

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Ana
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MessageSujet: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Lun 29 Aoû - 8:24

Auteur : Encore moi ^^
Rating : M
Genre : General, romance, angst.
Disclaimer : Cette histoire et ses personnages m'appartiennent entièrement. La reproduction partielle ou complète de ce texte sans crédits est formellement interdite.
Résumé : "Sourire qui se figea sur mes lèvres. Un homme était assis dans le fauteuil qui me faisait face."
Note de l'auteur : Vous avez le droit de vous demander ce que c'est que ce titre, mais je le changerai pour rien au monde ^^ Si ça vous intéresse, je peux vous dire d'où ça vient, parce que ce n'est pas de moi.
Je le trouve mal écrit. Genre très mal écrit. Mais j'en peux plus de repasser dessus. Hésitez surtout pas à me dire ce qu'il ne va pas.
Sinon. Il y a une suite. Qui devrait arriver le jour où j'aurais fini de batailler avec le texte. Elle est déjà écrite, mais c'est tellement brouillon que voilà. J'ai mis plusieurs semaines à rendre la première présentable XD Sur ce <3


I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.

Un jour comme les autres.
Réveil à 7h.
Je me préparais, allais au boulot. Mangeais à la pause de midi. Buvais un verre avec les collègues à 17h. Parce que eh ? Qu'ai-je de mieux à faire ? Qu'est-ce qu'il m'attend ? Un appartement vide. Un lit froid.
Parce qu'il faut bien finir par rentrer, à 19h j'étais au bas de mon immeuble. Accompagné de François, qui habite aussi dans le coin. Je lui proposai de monter. Je ne sais même pas vraiment pourquoi. Nous n'étions pas spécialement amis ou quoi que ce soit. En fait, il était nouveau dans la boîte. Probablement que je n'avais pas envie d'être confronté à ma solitude ce soir encore. Alors nous avions monté les cinq étages à pieds – l'ascenseur était en panne. Discutant de tout et de rien avec lui, j'ouvris la porte et rentrai dans l'appartement avant d'allumer la lumière. Je me tournai vers la pièce un sourire sur le visage à l'une de ses remarques. Sourire qui se figea sur mes lèvres. Un homme était assis dans le fauteuil qui me faisait face. Même s'il était assis, je savais qu'il était grand. Mince aussi. Des cheveux noirs qui lui descendaient quelques centimètres au-dessous des épaules. Des traits taillés à la serpe. Des clous en argent tout le long de la courbe de ses oreilles. Un anneau à la lèvre inférieure. Il était habillé tout en noir : un pull à col roulé noir, un pantalon noir. Des chaines en argent un peu partout accrochées à son pantalon. Mais malgré tout cela, ce sont ses yeux qui me frappèrent le plus. Deux yeux d'un bleu délavé qui me fixaient. Deux yeux perdus, deux yeux vides. Les yeux d'un noyé cherchant une bouée qui se fixèrent dans les miens. J'étais incapable de rompre ce contact. J'avais l'impression que si je le faisais, il s'effondrerait, comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. Comme un homme auquel on aurait enlevé tout espoir, toute raison de vivre.
Mon cerveau était un disque rayé. Je ne pouvais que penser « Alex Alex Alex Alex Alex Alex Alex » encore et encore. Mais je savais pertinemment que ce n'était pas le moment de m'extasier. J'avais un invité à éconduire. Et surtout, je devais m'occuper de mon visiteur.
Malgré tous mes efforts pour me détacher de son regard et réfléchir, je ne pus que chuchoter, du bout des lèvres :
- François.
Je voulais attirer son attention, lui faire comprendre qu'il allait devoir rentrer chez lui, que je ne pourrais pas m'occuper de lui. Mais ce que je n'avais pas prévu, c'était la réaction d'Alex. En constatant l'existence de François, il se tendit imperceptiblement. Je vis ses yeux se remplir d'une menace. Ils avaient enfin retrouvé des sentiments. Mais ce n'étaient pas ceux que je désirais. Cette menace, cette violence soudaine et déraisonnable me poussa à m'interposer entre les deux hommes. Je fixai François droit dans les yeux, voulant appuyer mon message.
- Désolé, mais on mangera ensemble une autre fois, d'accord ?
- Qui c'est ?

Je lui avais demandé avec gentillesse, mais son ton cassant me fit changer de stratégie. Je savais que je n'avais pas beaucoup de temps. Rien que de lui tourner le dos une minute m'angoissait. J'avais peur qu'il ait disparu quand je me retournerais. Ou qu'il ne me laisse pas le temps de mettre François à la porte et décide d'agir en premier. J'avais une trop bonne idée de sa façon de régler le problème.
Je glissai un soupçon de glace dans ma voix, la rendis plus ferme, voulant lui faire comprendre qu'il n'était réellement pas le bienvenue.
- S'il te plaît, François. On parlera plus tard, d'accord ?
Il finit par partir, avec un dernier regard suspicieux pour mon visiteur en noir. Je ne me retournai qu'une fois la porte refermée et m'approchai d'Alex, toujours assis dans le fauteuil. La menace s'était envolée de ses yeux en même temps que la porte avait claqué. Ils étaient de nouveau vides de toute émotion. Je tendis la main et, lentement, retraçai les lignes de son visage, la courbure de ses lèvres. Comme si je voulais m'assurer qu'il était bien là, que ce n'était pas une hallucination. Comme s'il allait disparaître d'une seconde à l'autre. Puis j'attrapai sa main et le précédai dans la salle-de-bain. Je n'essayai pas de parler. Je savais qu'il était trop tôt, beaucoup trop tôt. Mes paroles n'aurait eu aucun effet, je le savais d'expérience. Pas alors qu'il venait juste de me rejoindre, de retrouver notre monde. Il était encore trop déphasé. Mais je prenais bien garde à ne jamais rompre le contact visuel alors que je commençais à me déshabiller et qu'il m'imitait sans me quitter des yeux. Nous prîmes notre douche ensemble. Liés par ce regard qui jamais ne se détachait de l'autre plus de quelques secondes. C'est cette absence de toute chaleur dans ses prunelles qui m'empêcha de dire quoi que ce soit quand je remarquai les marques sur son corps nu. En parler n'aurait fait que l'éloigner encore plus de moi. Je ne le souhaitais pour rien au monde. Alors je me contentai de le laver avec douceur, le rinçant abondamment.
C'était notre rituel, ma façon à moi de le libérer. Je savais qu'il avait besoin de laisser de côté certaines choses, de se sentir « propre ». Il ne pouvait pas comprendre qu'il n'était jamais « sale » pour moi. Alors je le lavais moi-même. Plutôt que de le laisser s'écorcher la peau à trop frotter.J'étais certain que c'était ce qu'il se serait passé si je l'avais laissé faire.
Une fois tous les deux propres et séchés, je l'emmenai dans la chambre, où je me mis à la recherche de vêtements. Quand enfin je me retournai, avec des tenues pour nous deux, je le trouvai allongé sur le lit, toujours nu, immobile et avec la chaire de poule. Il m'attirait comme un papillon est attiré par la flamme, mais je repoussais ce sentiment dans un coin de mon esprit.
Inquiet, je m'approchai et posai ma main contre sa joue.
- Tu me pardonnes ?, furent les mots qui sortirent de sa bouche.
Ses premiers mots. Je haussai légèrement les sourcils. Il m'avait surpris. C'était la première fois qu'il me demandait cela.
- Toujours tant que tu reviendras.
La réponse était facile. C'était la seule. La seule vérité.
Je sentais ses yeux peser sur moi, m'observant inlassablement, alors même que je me penchais et laissais mes lèvres toucher sa peau. Je les laissai voyager sur ce corps, le redécouvrant, tout en insistant délicatement sur les suçons que je rencontrais. Je le refaisais mien, et j'espérais le rassurer en même temps.
Les vêtements, oubliés, gisaient sur le sol.
Je plantai mes yeux dans les siens et, bien décidé à remplir ce puits sans fond, malgré le manque de réaction, je vins frôler ses lèvres des miennes avant de l'embrasser tendrement. Cherchant à obtenir une réaction, un signe de vie, je recommençai à promener mes lèvres sur le corps qui s'offrait à moi. Sauf que cette fois, je cherchais à le provoquer. Plus que les lèvres, j'utilisais ma langue, mes dents. J'étais déterminé à ramener un peu de chaleur dans ces yeux que j'aimais tant. Et pour l'instant, le désir ferait l'affaire. Quand enfin je sentis un petit frisson agiter son corps sous moi, je remontai lentement et saisis un mamelon entre la pointe de mes dents, l'étirant, le suçant, le titillant, le savourant. Puis passai au suivant. Un sourire satisfait étira mes lèvres quand il se convulsa un peu plus violemment. Mais toujours aucun son n'avait franchi la barrière de ses lèvres. Je ramenai mon attention sur sa bouche et aspirai goulûment sa lèvre inférieure, jouant avec l'anneau qui s'y trouvait. Tout en sondant des yeux l'âme de mon amant, où une petite flamme de désir avait commencé à combler le vide interstellaire. Je ne désirais qu'une chose : l'attiser, qu'elle purifie cette âme pour que quelque chose d'autre puisse s'y épanouir. Que quelque chose remplace le désespoir.
Je ne daignai arrêter de martyriser cette lèvre si alléchante qu'à l'entente d'un faible gémissement. Alors je me redressai et, sans jamais vraiment cesser mes caresses, je le regardai et attendis. Il était important pour nous deux qu'il le demande. Quand j'entendis un murmure franchir ses lèvres, je souris : un brasier commençait à remplacer la flamme.
- Plus... Donne-m'en plus...
Et c'est ce que je fis. Toute la tendresse et tout l'amour que je pus trouver, je les rassemblais et lui transmis à travers chaque caresse, chaque baiser, chaque attouchements. Je voulais le remplir, que plus jamais il ne puisse m'oublier. Qu'il ne puisse oublier la sensation de mon amour. Pas un instant il ne me quitta des yeux alors que j'ondulais sur lui, en lui, cherchant à lui procurer le plus de sensations possible. Ce regard intense, brûlant de désir sur moi me faisait trouver des trésors d'attention que je déversais ensuite sur lui. Quand je le sentis prêt à exploser, je cherchai à le submerger, à la retenir encore quelques instants pour lui en donner plus, toujours plus. Puis je sautais à pieds joints dans le gouffre qui était apparu devant moi, le rejoignant dans sa chute.
Je me couchai près de lui et le serrai dans mes bras. Nos respirations étaient à peine calmées que, déjà, nous dormions, les jambes entrelacées.

"You trick your lovers
That you're wicked and divine
You may be a sinner
But your innocence is mine."

Undisclosed Desires - Muse


Dernière édition par Ana le Mar 1 Nov - 11:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Ven 9 Sep - 22:01

J'vais te donner un super conseil. Tu cliques "éditer", et tu m'enlèves cette phrase qui dit que c'est mal écrit dès que tu vois ma réponse. XD
Non mais sérieusement! Ce texte est absolument incroyable, la part de mystère est assez énorme, ça nous fait plonger dedans, on a pas envie d'en ressortir. Nous aussi on veut voir cette lueur, ou du moins quelque chose, s'allumer dans les yeux d'Alex.
D'ailleurs je crois que c'est mon personnage préféré de toi, dans le sens ou on sait rien de lui, qu'il a l'air d'avoir un passé, de renfermer des douleurs intérieurs et qu'il est super complexe. C'est vraiment le type des persos que j'affectionne quoi.
Donc moi je veux savoir quel était leur lien avant ça, ces retrouvailles pleines de sensations. Oh et j'ai vraiment adoré les images que tu as utilisé pour le lemon sérieusement, c'est vraiment bien fait parce que tu nous dit tout sans aucun mot qu'on pourrait juger "vulgaire", qui contrasterait avec l'ambiance première du texte. Non vraiment ce texte n'a absolument rien de mal écrit, sache le.
Pour le titre, j'veux bien savoir d'où ça vient et tout, on sait jamais, ça pourrait m'aider à faire des hypothèses en attendant la deuxième partie :3

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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Sam 10 Sep - 5:32

Merci <3

C'est Be de Epik High, première piste de Pieces. Il n'y a pas énorme de paroles et honnêtement, c'est pas sûr que ça t'aide beaucoup mais bon ^^
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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Mar 1 Nov - 11:42

Note de l'auteur : Dieux, j'ai mis 2 mois pour publier la suite ! J'accepte tout châtiment que vous jugerez approprié. *s'incline humblement*

Je fus réveillé au milieu de la nuit par des gémissements. Suspectant un cauchemar, je me rapprochai d'Alex à tâtons et le serrai contre moi. Je trouvai son oreille pour lui murmurer « Alex... Tout va bien... Je suis là... Shhhhhh... » Encore et encore. Jusqu'à ce qu'il arrête de trembler et de gémir contre moi, replongeant dans un sommeil paisible.
Je mis une bonne heure à me rendormir. Pensant à toutes ces fois où j'avais dû le réconforter pendant ses cauchemars. C'était toujours le même scénario. Depuis le début, depuis notre rencontre.
Je le trouvais un beau jour dans mon appartement, comme par miracle. Mais quand il apparaissait ainsi, il était changé. Il n'était plus vraiment lui-même. Souvent la coupe et la couleur de ses cheveux avaient changé. Je l'avais ainsi vu avec des dreadlocks, le crâne rasé, les cheveux de toutes les longueurs, de toutes les couleurs. Ses piercings, aussi, qui étaient plus ou moins présents. Il pouvait tous les porter en même temps une fois, et la fois suivante ne plus en avoir aucun. Mais une seule chose ne changeait jamais. Il était vide. C'était malheureux de le dire, mais c'est grâce à ça que je le reconnaissais à coup sûr à chaque fois. Il n'y avait qu'une seule personne que je pouvais ainsi trouver dans mon appartement sans avertissement, et avec de tels yeux vides de tout. Sa personnalité avait comme disparu, aspirée par un trou noir. Alors je prenais soin de lui pendant quelques jours, restant constamment avec lui. Je l'entourais d'attention, d'amour et de tendresse. Je le berçais pendant ses terreurs nocturnes, seul signe de ce qu'il faisait quand il n'était pas avec moi. Je lui donnais la sécurité dont il avait besoin pour recommencer à sourire et à vivre. Nous vivions alors comme un véritable couple. J'allais travailler, pour mieux revenir me blottir dans les bras de mon homme. Nous sortions, allions au cinéma, nous balader... Avant qu'il disparaisse de nouveau. Et que tout recommence. Mais depuis quelques temps, un sentiment diffus d'inquiétude ne me quittais plus. Alex était de plus en plus perdu, de plus en plus loin à chaque fois que je retrouvais. J'avais de plus en plus de mal à le ramener. Je craignais qu'un jour, j'échoue. Que deviendrait-il alors ? Que deviendrais-je, moi ? Inquiétude que je refoulais sans arrêt, me pressant de vivre l'instant présent. Parler du malheur l'attire.

Les deux premières journées, nous les passâmes entre le lit, la cuisine et la salle-de-bain. Alex ne parlait toujours que très peu. Trop souvent, quand je le regardais dans les yeux, je voyais ce gouffre sans fin. J'avais peur de le laisser seul. Peur de ce qu'il se passerait. De ce qu'il ferait. Je ne voulais pas risquer de trouver une ambulance devant chez moi en rentrant de courses. Ou de voir son visage dans les journaux.
Le troisième jour, j'étais en train de regarder un film dans le canapé, avec Alex dans les bras, quand quelqu'un sonna à la porte. Surpris, je me levai et allai ouvrir. Je me retrouvai face à François.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
Je n'avais pas envie d'être gentil ou patient avec lui. Je l'avais été quelques jours plus tôt, mais ce n'était manifestement pas rentré. Je voulais juste qu'il parte.
- Ça fait trois jours qu'on ne te voit plus. Je...m'inquiétais.
- Si c'est à cause du boulot, c'est pas la peine. Je l'envoie au bureau par Internet.

C'est ce qui était convenu avec le patron. Comme ça, je pouvais m’occuper d'Alex sans prendre de retard ni me faire virer. Et mon patron gardait son meilleur employé. Tout le monde était content.
- Non non, c'est pas ça ! Je... Il est toujours là ?!
Je me retournai et découvris qu'Alex nous avait rejoint et s'était posté derrière moi, fixant François avec hostilité, les poings serrés.
- Qui c'est Yannick ?
Je m'apprêtais à me retourner pour expliquer à François qu'il ne pouvait décemment pas venir chez moi pour insulter mes invités, quand je surpris le discret mouvement d'Alex. Je revis immédiatement mes priorités et j'avançai lentement vers lui. Je pris son visage entre ses mains, avec des gestes lents. C'était un peu comme si je voulais apprivoiser un animal, en fait. Je ne voulais pas risquer de lui faire peur, mais je voulais qu'il se concentre sur moi et non sur François. Qu'il arrête de le regarder ainsi, avec ces yeux si noirs et menaçants. Le pauvre garçon n'avait au final rien fait de mal.
- Alex, regarde-moi. Alex. Ecoute-moi.
J'utilisais son prénom comme un mantra, espérant le ramener vers moi. Avec lui, les mots avaient de l'importance. Son prénom en particulier. Comme si, en l'appelant ainsi, je lui rappelais qui il était, où il était. Parlez-moi du pouvoir des mots...
Puis, quand j’eus enfin toute son attention, ses yeux fixés sur moi, attentifs, je repris la parole, d'une voix calme, parfaitement maîtrisée et apaisante. Du moins, je l'espérais.
- Ce n'est personne. François n'est qu'un collègue, d'accord ?
Il étais toujours aussi tendu sous mes mains, mais il m'écoutait. Je poursuivis après quelques secondes, le temps que l'information pénètre.
- Tu me fais confiance ?
Je fis doucement glisser ma main le long de son bras, jusqu'à sa main droite, où je pus vérifier mon intuition.
- Donne-le moi Alex.
Lentement, un doigt à la fois, il desserra son emprise sur le couteau caché derrière sa cuisse, où François ne pouvait le voir, et je pus le tenir. L'attrapant par la lame, je le soupesai avant de le lancer vers le mur me faisant face, où il alla docilement se planter. Et je remerciais en silence ma famille quelque peu étonnante. Sans elle, j'aurais probablement manqué le tressaillement d'Alex. Et j'aurais eu un tout autre problème sur les bras qu'un trou dans mon mur et un visiteur choqué.
Je regardai Alex et entrelaçai mes doigts aux siens alors que mon autre main se glissait dans ses cheveux.
- Il n'est rien.
J'avais le besoin de le rassurer, de le conforter sur le rôle qu'il tenait dans mon existence. Dans ses yeux se lisait un manque, une supplique, une peur et une insécurité irrationnelle. Je lui demandai de m'embrasser, voulant lui dire tant de choses que je ne savais par où commencer.
J'avais eu peur qu'il ne réagisse pas, mais il le fit. Et si je n'avais pas eu l'intention de garder ce baiser chaste, sa bouche s'écrasa avec une telle force sur la mienne que je n'eus de toutes manières pas d'autre choix que d'écarter les lèvres. C'était soit ça, soit je me fendais la lèvre sur mes dents. Le tango endiablé qui s'ensuivit aurait facilement put faire fondre la banquise, j'en étais persuadé.
Quand nous rouvrîmes les yeux, tous deux essoufflés, il commença à me tirer vers la chambre, ses si beaux yeux plantés dans les miens. Sa première véritable initiative en trois jours. Jamais je ne lui aurais opposé un refus. Ni maintenant ni jamais. Je me laissai entraîner sans jamais rompre le contact visuel. J'eus juste assez de présence d'esprit pour lancer, avant d'entrer dans la chambre :
- Claque la porte en partant s'il te plaît François.

A partir de là, il se remit beaucoup plus vite. Au bout d'une semaine, je retournais au travail. Même si je pouvais presque tout faire chez moi et l'envoyer au bureau ensuite, certaines choses ne pouvaient être faites qu'au bureau. Je n'avais plus peur de laisser Alex seul. Il était redevenu lui-même : souriait, riait même. Prévenant comme au premier jour. Doux et impulsif. L'homme que j'aimais, tout simplement.
Pendant une semaine, tout se passa parfaitement bien. Nous nagions dans le bonheur.


Alex prenait sa douche quand son téléphone sonna. Je le contemplais 5 secondes avant de décrocher. Je savais que c'était probablement une mauvaise idée, mais... C'était ce qui précédait la disparition d'Alex, habituellement. Un simple coup de fil et deux, trois jours maximum après, je trouvais l'appartement vide en rentrant à la fin de la journée. C'est pourquoi je prenais la parole sans attendre, après avoir décroché.
- Vous ne pouvez pas lui demander ça. Pas encore. Je ne sais pas qui vous êtes, je ne sais pas ce qu'Alex fait pour vous, mais ce n'est plus possible. Il m'a fallu une semaine pour le remettre sur pieds ! Une semaine ! Alors qu'avant trois jours suffisaient ! Ne faites pas ça. Je ne suis vraiment pas sûr qu'il puisse remonter la pente la prochaine fois !
En l'espace de quelques secondes, je perdais tout mon sang-froid durement bâti. Je déversais ma peur dans ce téléphone, à cette personne inconnue, au responsable de l'état d'Alex, au monde entier. Je n'avais même pas laissé le temps à la personne de l'autre côté de dire quoi que ce soit. En fait, j'ignorais même si c'était une femme ou un homme.
- Yann... Donne-moi ce téléphone.
Il était arrivé silencieusement, comme d'habitude. Il se tenait derrière moi, la main tendue impérieusement, imposant malgré sa quasi-nudité et ses cheveux dégoulinants. Je le suppliai du regard, incapable de prononcer les mots. Une simple phrase qui tournait pourtant en boucle dans ma tête. Mais qui n'arrivait pas à franchir mes lèvres.
- Yannick.
Je grimaçai involontairement. Je n'aimais vraiment pas qu'il m'appelle ainsi. Et je ne l'avais jamais entendu utiliser ce ton avec moi. Froid et inflexible. Il devait vraiment être en colère contre moi. Je lui donnai le téléphone, m'avouant battu.
Alex sortit de la pièce, de sorte que je n'entende pas la conversation.
Quelques minutes plus tard, il revenait et, sans un mot, me serrait dans ses bras. Il n'y avait rien à dire. Ils savaient tous les deux ce que l'autre pensait. Chacun connaissait chaque mot de la conversation qu'ils n'eurent pas, ce jour-là.

Quand je rentrai du travail deux jours plus tard, l'appartement était vide.


Quelques semaines après, je reçus un appel au bureau.
- Vous êtes bien Yannick Zaïri ?
- Oui vous désirez ?
- Vous êtes l'ami d'Alex n'est-ce pas ?

Immédiatement je fronçais les sourcils. Je n'aimais pas du tout ça. Personne ne connaissait Alex. Ou en tous cas, je ne connaissais personne qui connaisse Alex. A part cette personne qui l'appelait.
-Peut-être. Que puis-je faire pour vous ?
- Il est dans le coma. Seoul national University Hospital à Séoul en Corée du Sud. Chambre 324.

Et la personne raccrocha sans un mot de plus.
Choqué, il me fallut une bonne minute avant de reposer le téléphone. J'allai frapper à la porte de mon patron et entrai sans attendre de réponse.
10 minutes plus tard, je réservais une place sur le premier vol pour la Corée et sortais du bâtiment sans un regard en arrière.
Une fois chez moi, je jetais des affaires dans un sac, m'asseyais sur le canapé et attendis. Je ne sais combien de temps je restais ainsi, sur mon canapé, le regard vide, la tête remplie de mes derniers jours avec lui.
Je suppose que j'étais en état de choc. Je ne ressentais rien. Des souvenirs me revenaient.

Une fois, nous avions regardé un film d'espionnage. Le héros avait été trahi par la femme qu'il aimait, qui travaillait pour un pays ennemi. Il l'avait tuée lui-même quand il s'en était rendu compte. Avait pleuré toutes les larmes de son corps, mais l'avait abattue de sang-froid. Je m'étais indigné, pensant jusqu'au dernier moment qu'il allait l'épargner. Alex m'avait regardé avant de me dire qu'il n'avait pas eu le choix. Que le pays passait avant tout. Et qu'une vie perdue face à des centaines de sauvées était un faible prix à payer. Je m'étais retourné, estomaqué, et lui avais demandé s'il pourrait assassiné un être cher pour une soi-disant bonne raison. Il m'avait froidement répondu que oui. J'avais vu dans ses yeux, vu que c'était vrai. J'espérais qu'il avait vu la vérité dans les miens quand j'avais affirmé que jamais, pour rien au monde je ne pourrais lui faire du mal. Je déteste ce film.

La première fois qu'il m'avait tenu dans ses bras après l'amour.
La première fois que j'avais trouvé l'appartement vide. Les larmes que j'avais versé.
Nos premières retrouvailles.
La seule fois où je lui avais posé des questions auxquelles il avait refusé de répondre. La décision que j'avais prise d'ignorer ces silences.

Je ne garde pas de souvenirs du voyage en lui-même.


Quand l'infirmière Kim passa au cours de sa ronde dans la chambre du mystérieux inconnu ce jour-là, elle hésita dans l'encadrement de la porte.
Un homme se tenait de dos, à genoux devant le lit. La tête posée sur ses bras repliés sur le lit.
Quand elle vit les tremblements qui secouaient son dos, elle décida de les laisser seuls un moment et de repasser à la fin de sa ronde.


"Without you I got no reason to go on. [...]
I got no reason to live without you. [...]
L.O.V.E. you
I was made to be with you."

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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Ven 25 Nov - 2:06

OMG, j'ai envie de mourir là, je t'avais fait un commentaire et comme une grosse abrutie je l'ai effacé T____T Je te jure que là j'ai envie de me tirer une balle, je m'en veux ;_;
Bon, en gros, je disais que c'était vraiment un chef-d'oeuvre, sûrement mon texte préféré de toi jusqu'à maintenant. Mais que je savais pas vraiment comment dire ça, et que c'était frustrant. Y a pleins de non-dits, de mystères concernant leur relation en général, mais surtout le passé d'Alex et lui-même.. Et paradoxalement, on rentre très bien dans leur univers, on est au moins aussi déchirés que Yannick quand il apprend qu'Alex est à l'hôpital. Enfin bref, tout ça pour te dire merci de m'avoir prévenue qu'il y avait la suite, parce que je m'en serais vraiment voulue de ne pas lire quelque chose d'aussi fort ♥

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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   Ven 25 Nov - 4:57

Waouh tout ces compliments pour moi ?!

Merci <3
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MessageSujet: Re: [2/2]I'm nothing. I'm everything. Whatever you want me to be.   

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